La néophobie alimentaire

Certains enfants sont capricieux et d’autres difficiles. Voilà pourquoi ils ne veulent manger que certains aliments. Pour d’autres, ce n’est pas le même cas. Il s’agit plutôt de la néophobie alimentaire ou la sélectivité alimentaire.

Il n’y a rien d’inquiétant à cela puisque c’est une étape normale dans leur développement naturel. Ils ont juste peur de goûter de nouvelles nourritures. Les plus concernés par ce phénomène sont les enfants de 2 à 10 ans. Nous allons aborder ce sujet afin de pouvoir y faire face convenablement.

C’est quoi la néophobie alimentaire ?

Les enfants atteints de la néophobie alimentaire refusent catégoriquement de goûter une certaine sorte de nourritures par crainte de manger de nouveaux aliments. D’après les travaux de Mélanie Klein, il s’agit de la peur d’ingérer un mauvais objet. En psychanalyse, on appelle cela l’« angoisse d’incorporation » ou la néophobie. Dès qu’il est question de nourritures inconnues, ils sont très réticents. Ils ne veulent manger que ce qui leur est familier. On pourrait dire en quelque sorte qu’ils préfèrent garder leurs habitudes alimentaires et ont peur de les changer. Cela peut avoir un rapport avec l’apparence de ces nourritures ou aussi de nouvelles marques peu connues.

Comme nous l’avons déjà mentionné, c’est un stade de transition naturelle au cours de leur développement. Ils sélectionnent les aliments qu’ils avalent afin de se protéger. Cela commence à l’âge de 2 ou 3 ans et disparaît petit à petit au fur et à mesure qu’ils grandissent et que leur âge augmente. Ce phénomène touche presque tous les enfants, au moins les trois quarts. Ce qui est sûr, c’est que cela ne se manifeste pas avant l’âge de 2 ans. Il est très apparent vers l’âge de 4 ans jusqu’à 7 ans et disparaît au plus tard à 11 ans.

Les signes indiquant qu’un enfant est atteint de la sélectivité alimentaire

Pour reconnaître les enfants sélectifs, voici quelques comportements révélateurs. Ils détournent la tête ou font des grimaces quand il s’agit d’aliments qu’ils n’ont jamais vus ou entendu parler. Ils prennent comme habitude de trier les aliments et de sélectionner ceux qu’ils préfèrent avant de les manger. Il leur arrive aussi de recracher les nourritures pour montrer qu’ils ne veulent pas les avaler.

Selon Liliane Hanse, un docteur en psychologie, qui a mené une étude sur la néophobie alimentaire auprès de 600 mères, il y a 3 niveaux de néophobie alimentaire. Au premier niveau, on retrouve les enfants qui préfèrent goûter le plat avant de le manger. 39 % des enfants font partie de cette catégorie. Le niveau 2 englobe ceux qu’on doit obliger à essayer de nouvelles nourritures. 32 % sont concernés par ce cas. Au dernier niveau, il y a ceux qui refusent radicalement n’importe quel aliment qu’il ne connaît pas. 6 % des enfants sont impliqués dans cette situation. En général, les enfants préfèrent la viande rouge, les pâtes, le poulet et les pommes de terre. Par contre, ils n’ont pas beaucoup de considération pour les légumes.

Quelles sont les causes de la néophobie alimentaire ?

Chaque enfant a sa propre façon de manifester son dégoût pour les nouveaux aliments. Quoi qu’il en soit, même si les causes sont nombreuses, on peut les répartir en quelques catégories. Il en y a celles qui sont d’origine affective, sensorielle, cognitive, et enfin comportementale praxique. Mais ce serait absurde d’en rester là sans chercher d’autres facteurs probables.

Il y a également le contexte social et environnemental ainsi que la personnalité de l’enfant. Il ne faut pas oublier que c’est un individu qui vit dans une communauté. Tout cela peut influencer son choix dans la sélection des aliments.

D’un côté, certains théoriciens avancent que « la phase du non » pourrait être une des causes majeures de la sélectivité alimentaire des enfants. Ils recherchent une autonomie dans leur choix alimentaire et en même temps, ils ont peur du changement. D’un autre côté, les parents peuvent aussi être derrière cette attitude réticente vis-à-vis des nourritures. L’enfant imite l’un des parents, ou même les deux, ce qui est tout à fait compréhensible.

Comment faire face à la néophobie alimentaire ?

Quoi qu’il en soit, si votre enfant refuse de manger, cela a toujours des conséquences sur sa santé et peut-être aussi sur son développement psychique. Ils évitent de manger des fruits et des légumes alors que ces derniers ont un rôle essentiel dans leur croissance. Sans parler des apports et des bienfaits de ces aliments sur leur santé comme la prévention du cancer. De plus, c’est avant ses 8 ans qu’il est facile pour un enfant d’adopter une alimentation saine et équilibrée.

Comme la néophobie est une phase naturelle par laquelle les enfants passent, on peut adopter des méthodes pour les aider à franchir cet obstacle. Habituez vos enfants à toutes les nourritures, car ainsi, ils s’y adapteront facilement. Ne privilégiez aucun des aliments que vous lui proposerez pour qu’ils n’aient une préférence particulière pour certains.

Créez une atmosphère agréable et une bonne ambiance pendant le repas afin de les aider à se sentir à l’aise. Donnez-leur un bon souvenir du repas pour qu’ils aient toujours envie de manger les nouveaux mets que vous préparez. Montrez de l’enthousiasme quand vous goûtez de nouveaux plats pour les inciter à apprécier tous les menus.

Enfin, faites-leur participer en les proposant de vous aider à la cuisine. Ils se familiariseront avec l’odeur et la saveur de chaque nourriture en les permettant d’y goûter. Rappelez-vous qu’on n’a peur que de ce que l’on ne connaît pas.

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